Play the part in concert
The concerto has been played in public for the first time at the Festival de la Cité in une 2000, with Julie Lafontaine violin and Marie-Cécile
Bertheau piano, Nicolas Chalvin directed the Orchestre du Festival de la Cité
Notebooks are available for each instrument for musicians willing to play the part.
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Faut-il être fou pour composer une symphonie de nos jours ?
Ce terme a disparu des catalogues de la musique contemporaine.
Et pourtant les œuvres dans lesquelles tous les instruments jouent en même temps* ne manquent pas,
mais on leur donne des titres moins techniques et plus fantaisistes.
Les Poèmes symphoniques ont d'abord remplacé les symphonies classiques, et maintenant l'adjectif symphonique est absent du répertoire, probablement parce que les compositeurs actuels ne veulent pas être confondus avec Mozart, Haydn ou Beethoven.
La musique de cette Symphonie en ré n'a pas seulement des racines classiques, elle s'abreuve aussi aux courants plus modernes.
Ce mélange nous donne un caractère à la fois très familier et des plus insolites.
*c'est la définition d'une syn (ensemble, disaient les Grecs) phonia (sonnerie).
The composer
From the age of 10, Antoine Scheuchzer learned to read semi-quavers above the stave thanks to playing the fife in a fife and drum band. Nelly Goumaz and Yvonne Baier taught him piano at the Conservatory, but the composer-to-be diverted into the study of law. Nevertheless he kept up classes with Willy Hauer and happily supported Reiner Boesch's enthusiasm for contemporary music and...Mozart. But it was an elderly lady, Marie-Louise Sérieyx who infected him with the virus of composition by mercilessly drilling him in the musical rules of schola contorum from which no-one emerges unscathed, and by transmitting the art of fugue. Arranger and accompanist, composer of songs for Swiss Romand artists, Antoine Scheuchzer has been able to devote himself to composition only in his leisure time.
Press
Article paru au lendemain da la première exécution publique.
Décidément, la programmation classique du Festival
de la Cité bat cette année tous les records.
Record d'affluence, inégalable sans doute, vendredi soir
pour le Requiem de Mozart (lire notre Edition de samedi), record
d'ambiance dimanche soir pour du jamais entendu à la Cathédrale:
une création d'un concerto d'Antoine Scheuchzer et une ration
généreuse de valses de Strauss. Pour cause d'averse,
le concert-événement de l'Orchestre du festival,
prévu sur l'esplanade du Château, s'est replié à l'abri
des voûtes de l'austère édifice religieux.
Quelle mouche a piqué Antoine Scheuchzer, avocat et industriel
lausannois, mais aussi pianiste-accompagnateur plus porte sur la
variété et le jazz, à écrire le plus
sérieusement du monde un concerto pour piano, violon et
orchestre? Tout bonnement le plaisir. Le plaisir d'écrire
quelque chose de durable, quelque chose de longue haleine, de structuré,
de solide.
Un travail immense, on s'en doute, pour un quasi-autodidacte dans
ce domaine. Mais notre dilettante a suffisamment confiance dans
sa plume musicale — que certains chansonniers romands apprecient — pour
oser se lancer dans cette entreprise. Le resultat est surprenant,
non pas qu'il surprenne les oreilles par quelque hardiesse harmonique,
mais par l'adoption totale du style le plus classique, teinte ici
ou la de romantisme.
Le point vraiment original, et qui n'en a pas l'air, c'est qu'il
n'existe pas de concertos pour violon et piano. En fait, Antoine
Scheuchzer comble un trou dans la panoplie des concertos romantiques,
quelque part entre Beethoven et Schumann, avec des réminiscences
mozartiennes et des anticipations brahmsiennes. Ce faisant, il
offre une belle occasion à deux excellentes musiciennes — Julie
Lafontaine au violon et Marie-Cécile Bertheau au piano,— de
briller en soliste. L'écriture est génereuse, le
geste ample et naturel, et le mouvement lent, foyer romantique
de l'ouvrage, amène de somptueuses mélodies.
Antoine Scheuchzer voulait d'abord se faire plaisir, et à le
voir dimanche soir, il se régalait. En même temps,
il charme d'emblée ses auditeurs, ce qui n'est pas rien.
Journal "24 Heures"